Ouverture du site !

Après des mois d’attentes, voici enfin le nouveau site internet de Foot Solidaire II, un site plus conforme à nos missions, au service de la protection des jeunes joueurs, avec un Espace Jeune Footballeur entièrement dédié. Nous nous ferons un devoir de l’alimenter régulièrement en informations pratiques, afin que les enfants qui souhaitent faire du football leur métier disposent d’un conseil neutre qui leur évite les pièges du parcours sportif. Protéger les enfants c’est aussi sensibiliser leurs encadrants, qui ont la lourde mission de les former en tant que sportif/sportive et en tant que homme/femme. Ils ne sont pas oubliés puisque l’Espace Formateur leur est grandement ouvert, avec des informations techniques, des conseils, des idées, etc. Quant aux parents, où qu’ils naviguent, ils auront à portée de clic toutes les informations dont ils ont besoin pour se protéger des « vendeurs d’illusions» et des escrocs.

Ce site se veut aussi un lieu de débats et d’opinions sur les thématiques entourant la protection des jeunes joueurs/joueuses. Malgré une expertise reconnue, Foot Solidaire ne prétend détenir toute la science. La protection des jeunes sportifs n’est pas un thème figé. Les pratiques, les modalités du trafic et de l’exploitation des enfants évoluent au gré des règles sportives, qui sont loin d’être parfaites. La rubrique Opinions et Débats contribuera donc à maintenir l’équilibre entre le discours et les prises de positions de l’association et les idées et opinions éventuellement divergentes des différents intervenants. Mais il s’agira de ne pas perdre de vue le but premier de ce cyberespace: la protection des sportifs/ves mineur (e) s. C’est à l’aune de cet impératif que seront admises les contributions du nécessaire débat d’idées.

Mais où en est la protection des jeunes Africains? A dire vrai, malgré le renforcement des règles sportives en 2009, les recommandations et préconisations d’institutions publiques, les choses n’ont pas évoluées sur le terrain. Le débat oublie régulièrement l’essentiel: « L’indispensable mise en place d’un cadre légal strict, doit s’accompagner de la création d’opportunités éducatives et professionnelles pour les jeunes athlètes dans le cadre d’un travail de prévention », prévient Willy Lemke, Conseiller spécial  des Nations Unies pour le Sport au service de la paix et du développement. A titre d’exemple, il y a des milliers de centres de formation en Afrique, mais aucun centre d’information pour aider à la décision les candidats à la migration sportive professionnelle. Autre exemple, au hasard : en dehors de la CAN des 17 ans et d’initiatives privées dont le seul but est la détection, il n’y a pas de compétition de référence pour permettre aux jeunes Africains de véritablement se perfectionner sur place. Un autre problème a surgit entretemps, complexifiant la donne : les indemnités de formation instaurées par la FIFA en 2009, passées de 10.000 € à 90.000 € par année de formation pour les jeunes de 18 ans recrutés en Afrique. Cette règle instauré au bénéfice des clubs formateurs africains, pour leur permettre de gagner de l’argent, de fait met en danger la du plus grand nombre, obligé de frauder pour « placer » ses joueurs. De plus, cette règle consacre aussi indirectement une vraie rupture d’égalité des chances entre jeunes formés en Europe et enfant s’entraînant en Afrique, dans l’accès au football de haut niveau, l’Afrique ne leur offrant pas pour l’instant des conditions de préparation suffisante pour une carrière professionnelle de haut niveau. De nombreuses batailles restent donc à mener, dans un contexte où le recrutement des jeunes talents fait l’objet de luttes stratégiques des lobbys sportifs internationaux pour le monopole des filières africaines. Au détriment du football africain, dont le développement reste nécessaire pour qu’une protection durable soit assurée aux jeunes footballeurs du contient. On y reviendra.

La charte Foot Solidaire, dont la rédaction a commencé en 2008 est enfin adoptée après des années  d’observation, de débats, de concertation avec des acteurs du football en Europe et en Afrique. C’est l’Alpha et l’Oméga de notre action et de celle de tous ceux qui travaillent de près ou de loin avec des joueurs mineurs. Sa signature est ouverte aux fédérations, ligues professionnelles, clubs, académies, syndicats, organisateurs de tournois et entreprises partenaires du football. C’est un texte déclaratif équilibré, qui reprend les grands textes de protection internationaux et du football. Tout le monde ne pourra sans doute pas le signer, car 11 années de pratique montrent qu’il y a ceux qui parlent de la protection des jeunes joueurs et il y a ceux qui la pratiquent. Signer la charte n’ira donc pas de soi, mais l’idée est de disséminer les bonnes pratiques partout où elles n’ont pas cours et de consolider dans les esprits le réflexe de protection des mineurs. Si l’objectif est de responsabiliser les acteurs, il est aussi de montrer que des alternatives sont possibles en matière de découverte, de recrutement  et d’accueil des jeunes joueurs africains. La charte sera donc aussi un révélateur de l’état de la protection des enfants dans le football. En Afrique, où l’opacité et l’anarchie règnent en matière de formation de jeunes joueurs, la charte permettra de séparer de manière formelle le bon grain de l’ivraie. Premier bilan dans quelques mois. 

(1) Règlement du Statut et du Transfert des joueurs de la FIFA

Le Team Foot Solidaire