Nous ne considérons pas les migrations comme quelque chose de néfaste. Les migrations sont une opportunité pour le pays d’origine, pour le pays d’accueil et pour les personnes migrantes. Par contre il convient de juguler certains phénomènes associés à ces migrations lorsqu’elles sont entreprises dans un cadre non régulé: par exemple des transferts qui n’aboutissent pas, des problèmes de déscolarisation, d’immigration clandestine, d’abus de situation vulnérable, c’est contre ces problèmes que nous devons lutter.

Stanislas Frossard
Secrétaire Exécutif de l'EPAS
Conseil de l'Europe

On parle toujours en mal des agents, mais il n’y a pas que des mauvais agents. Beaucoup font un travail sérieux. J’ai créé l’association des agents de joueurs espagnols en 2007 et son siège est à la Fédération Royale Espagnole de football. Notre association compte plus de 200 agents tous licenciés. J’ai l’habitude de dire à mes jeunes joueurs qu’ils tiennent dans leurs mains un ballon et un livre. Si un jour ils doivent laisser tomber quelque chose, il vaudrait mieux que ce soit le ballon. Ceci pour leur montrer l’importance de l’éducation car on n’est jamais certain qu’un jeune parviendra à achever son rêve, devenir footballeur professionnel.

Pedro Bravo Jimenez
Président de l'AEAF
Conférence Footbal et Intégration, Genève, le 13 Mai 2014

Le trafic des jeunes joueurs africains est un problème social, culturel, mais c’est une cause que nous ne pouvons ignorer. Des millions de jeunes qui vivent en dessous du seuil de la dignité voient dans le football la panacée, la solution à leurs problèmes. L’autre aspect que je tiens à souligner, c’est celui des solutions dont certaines ont déjà été mises en place: il faut une bonne gouvernance, pas de beaux discours, pas de proclamations, il faut des règlements sérieux, applicables et appliqués.

Emanuel Macedo de Medeiros
Fondateur de l'European Professional Footbal Leagues (EPFL)
Conférence Football et Intégration, Genève, le 13 Mai 2014

Michel Platini comparait en 2009 les jeunes joueurs africains qu’on envoie en Europe, aux travailleurs à la chaîne. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul rapport sur la corruption ou sur l’intégrité du sport qui n’évoque la question du trafic des jeunes joueurs. Nous savons à peu près comment cela se passe: il y a eu des études assez précises sur la façon dont on fait venir les jeunes joueurs, comment on les exploite, comme on les laisse tomber, les difficultés qu’ils rencontrent ensuite pour rebondir, tout cela est bien identifié. En 2010 sur 36 championnats européens, un tiers des joueurs provenait de l’étranger…

Laurent Vidal
Responsable de la Chair Sorbonne-ICSS
Conférence Football et Intégration, Genève, le 13 mai 2014

A Lampedusa, en Italie, il y a pas mal de jeunes qui rêvent de devenir de grands footballeurs. Ils se jettent à la mer et des parents retrouvent les corps de leurs enfants sans vie, c’est quelque chose qui nous préoccupe tous. Pour un début, le conseil est ce qu’il y a de plus important pour ces jeunes. Pouvoir se diriger vers un bureau où on peut leur parler des risques qui existent, leur expliquer que tous ne pourront pas être des footballeurs et que l’Europe n’est pas forcément synonyme de réussite, il y a beaucoup plus de possibilités, mais ce n’est pas uniquement là-bas que la réussite existe.

Samuel Eto’o
Footballeur camerounais
Message à la Conférence Football et Intégration, Genève, le 13 mai 2014

Beaucoup de promoteurs véreux profitent de la naiveté, de l’ignorance des jeunes athlètes africains, leur promettent monts et merveilles et très souvent les abandonnent dès que la moindre difficulté se présente. C’est peut-être la mauvaise rançon que nous avons de la pratique des sports de par le monde. Le problème se pose non seulement en amont, mais se pose également en aval. C’est une affaire transversale et le secteur sportif en Europe, avec parfois des rémunérations au-delà de la logique, est perçu comme un paradis pour nombre de personnes venant des pays en développement...

Jean-Marie Ehouzou
Ambassadeur de l’Union Africaine
Conférence Football et intégration, Genève, le 13 mai 2014

C’est très dur de s’entraîner quand il fait froid. En plus, tu manges une fois par jour, le lendemain tu ne sais pas si tu auras à manger. Beaucoup de jeunes sont dans ma situation, mais ils ne souhaitent pas se montrer. Je ne regrette pas d’être venu en Europe parce que je crois toujours que je peux y arriver.

Amane
Jeune footballeur malien
Genève, le 13 Mai 2014

Aujourd'hui en Amérique latine, si on envoie un enfant de neuf ans pour qu'il aille travailler dans les champs en Europe, on va parler d'esclavage, de travail infantile. Si on envoie le même enfant, dans un pays dont il ne parle pas la langue, pour jouer au foot, les media sportifs vont titrer sur la naissance d'une star, vont parler de « futur Messi ». On oublie alors que ces enfants sont de véritables travailleurs à qui on charge de faire vivre leurs familles.

Juan Pabo Meneses
Journaliste chilien auteur de "Ninos futbolistas"
Interview au magazine "So Foot", le 12 décembre 2013

Ma mère a vendu le terrain hérité de son père pour payer Touma Diakité, un faux agent de joueurs. J’ai donc quitté la Guinée le 19 décembre 2010, persuadé de pouvoir faire du football en France. Je suis arrivé à Paris. Touma Diakité m’a logé dans un hôtel, en promettant de m’emmener à Lyon. Il passait me voir tous les jours. Mais dès le 14 Janvier, je ne l’ai plus revu. Le 18, le patron de l’hôtel m’a dit qu’il n’était plus payé et que je devais quitter les lieux. Aujourd’hui, je suis à la rue.

Georges G., 16 ans
Jeune joueur guinéen
Paris, en Février 2011

Nous avons le devoir envers la jeunesse du monde entier de protéger les jeunes joueurs et nous devons le faire ensemble.

Joseph Blatter
Président de la Fédération Internationale de Football Association
59ème congrès de la FIFA, Nassau, juin 2009